Traité de paix de 1947, une Corse indépendante ?

Et si le Traité de paix de 1947 signé entre les alliés et l’Italie vaincue contenait un article qui par son application rendait leurs indépendances aux anciennes terres italiennes désormais françaises que sont la Savoie, Nice et la Corse ? Un doux rêve ? Pas si sûr, en tout cas certains y croient.

le drapeau italien flottera-t-il sur l'hôtel de région ?Il convient bien entendu d'expliquer en premier lieu la position de ceux qui voient une espérance en l'inexécution du Traité de 1947 puisque nous allons la critiquer par la suite.

L'article 44, une aubaine pour les indépendantistes


S'agissant de l'importance du Traité de paix, signé à Paris le 10 février 1947, les positions de beaucoup concordent, même si ce sont surtout les indépendantistes des provinces de Nice et de la Savoie qui s'en réclament, bien plus du moins que les Corses.

Selon cette théorie, la section IX (intitulée "Traités bilatéraux", dans la Partie II intitulée "Clauses politiques") du texte multilatéral1 comprenait une obligation mise à la charge des vainqueurs sous peine de voir les traités bilatéraux conclus avant la guerre entre chaque état vainqueur et l'Italie abrogé.
L'article 44 du Traité (tel que nous le reproduisons sous ce paragraphe) prévoyait en effet l'obligation pour chaque état vainqueur qui avaient contracté, un accord préalable à la seconde guerre mondiale, avec l'Italie à le déclarer auprès de l'ONU (nouvellement créée) s'il envisageait utile de procéder à sa continuation, faute de déclaration dans le délai préfix de 6 mois le Traité serait abrogé.
Article 44
1. Chacune des Puissances Alliées et Associées notifiera à l’Italie, dans un délai de six mois à partir de l’entrée en vigueur du présent Traité, les traités bilatéraux qu’elle a conclus avec l’Italie antérieurement à la guerre et dont elle désire le maintien ou la remise en vigueur. Toutes dispositions des traités dont il s’agit qui ne seraient pas en conformité avec le présent Traité seront toutefois supprimées.
2. Tous les traités de cette nature qui auront fait l’objet de cette notification seront enregistrés au Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies, conformément à l’article 102 de la Charte des Nations Unies.
3. Tous les traités de cette nature qui n’auront pas fait l’objet d’une telle notification seront tenus pour abrogés.

De quoi, vous l'aurez compris, justifier l'attitude des promoteurs de l'annulation du traité du Turin du 24 mars 1860 qui cédait Nice et la Savoie à la France ainsi que celle du Traité de Versailles du 15 mai 1768 qui "cédait" la Corse à ce même pays ; en effet, la France n'a jamais procédé à la notification, aux autorités italiennes, de son désir de voir perdurer ces deux traités comme le prouve le défaut d'enregistrement au Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies.
Faute d'enregistrement ces deux Traités devraient ainsi être automatiquement abrogés en vertu du troisièmement de l'article 44 sauf que cela n'est pas aussi simple.

Un espoir d'accession à l'indépendance rapidement limité


Les espoirs des promoteurs de la théorie que nous venons d'exposer sont rapidement limités en effet de par l'effet des dispositions qu'ils réclament puisque si nous avons laissé planer le doute jusqu'ici quant à une possible indépendance, il n'en est rien. L'application de l'article 44 du Traité de paix aux traités précédents conclus entre la France et l'Italie ne produira pas l'effet qu'ils escomptent, l'indépendance, mais un simple changement de maître.

Une abrogation éventuelle des Traités de 1768 et 1860 aurait pour implication que ces provinces seraient considérées comme parties intégrante de l'Italie moderne, qui est l'héritière tant de la République de Gènes (s'agissant de la Corse) que du royaume de Sardaigne (s'agissant tant du comté de Nice que du duché de Savoie). Tout simplement parce que les abrogations remettent les choses en l'état initial, point d'indépendance donc mais une séparation temporaire préalable à une incorporation dans une autre entité étatique sans certitude que le traitement réservé soit alors meilleur.
Cette théorie consacre donc un rêve irrédentiste plus qu'une aspiration indépendantiste, c'est sans doute pour cela que cette théorie ne semble pas avoir prospéré plus que cela dans les thèses développées par les différents mouvements nationalistes de l'île (clandestins ou non), d'autant que l'irrédentisme n'est plus à la mode en Corse même s'il bénéficie de temps à autre d'un regain de forme.

Quoiqu'il en soit et que l'on vise l'indépendance des régions concernées ou leur rattachement à l'actuelle République italienne, il convient de souligner que le Traité ne laisse en réalité aucune voie de succès à cette théorie.

Ce que dit réellement le traité de février 1947


Il faut replacer les choses dans leur contexte et ne pas oublier, comme le rappelle le préambule du traité d'ailleurs, que si "le régime fasciste a été renversé en Italie le 25 juillet 1943, et que l’Italie, après avoir capitulé sans conditions, a signé les clauses d’armistice des 3 et 29 septembre de la même année" que de même "l’Italie a déclaré la guerre à l’Allemagne le 13 octobre 1943 et qu’elle est ainsi devenue cobelligérante dans la guerre contre l’Allemagne", c'est en vaincue que l'Italie signe le traité de Paris le 10 février.

En vaincue, l'Ialie n'a donc pas grand chose à solliciter des vainqueurs aux premiers rangs desquels un petit général nommé Gaulle a replacé la France. cette dernière quoique vaincue par l'Axe dès les premières heures de la 2e guerre mondiale et pour aussi petit vainqueur qu'elle soit ne risquait pas d'oublier de défendre ses intérêts, particulièrement s'agissant de questions de territorialités et, en l'espèce, de frontières.

Il convient de rappeler en effet que c'est de frontières que nous parlons et de cela le Traité en parle également, dès son premier article.
Article 1
Les frontières de l’Italie demeureront telles qu’elles étaient au 1er janvier 1938, sous réserve des modifications indiquées aux articles 2, 3, 4, 11 et 22. Le tracé des ces frontières est indiqué sur les cartes jointes au présent Traité (annexe 1). En cas de divergences entre le texte de la description des frontières des frontières et les cartes, c’est le texte qui fera foi.

Ce sont les articles cités par cet article premier qui intéressent spécifiquement la matière des modifications des frontières italiennes, s'agissant de la France, ainsi parle-t-on, à l'article 2 (les autres concernant les autres pays frontaliers avec l'Italie), du col du Petit-Saint-Bernard, du plateau du Mont Cenis, du mont Thabor-Chaberton, des vallées supérieures de la Tinée, de la Vésubie et de la Roya2.
On n'y parle pas de la Corse bien sur mais l'article 1 traitant spécifiquement des frontières l'emporte sans nul doute sur l'article 44 à portée générale, en vertu de la règle de priorité du spécial sur le général.

Pourquoi donc l'Italie a-t-elle signée ce traité si défavorable ? Nous l'avons dit, elle fait partie des vaincus de la seconde guerre mondiale, à ce titre elle n'avait pas grand chose à espérer rien ou presque car déjà éviter la partition qui fut organisée en Allemagne était un avantages mais surtout l'Italie avait quelque chose d'autre à espérer : de l'argent.
En effet, il avait été dit à ses représentants que l'acceptation sans condition des termes du traité serait le préalable obligatoire pour que la jeune république puisse bénéficier des fonds du plan Marshall, lequel au final lui permit de développer son industrie plus facilement que certains des pays vainqueurs, dont la France.

1- Multilatéral en effet puisqu'il met aux prises : "les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, la France, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes, l’Australie, la Belgique, la République Soviétique Socialiste de Biélorussie, le Brésil, la Canada, l’Ethiopie, la Grèce, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la République Soviétique Socialiste d’Ukraine, l’Union Sud-Africaine, la République Fédérative Populaire de Yougoslavie, désignés ci-après sous le nom de « Puissances Alliées et Associées », d’une part, et l’Italie d’autre part".
2- On estime à 700 kilomètres2 environ l'espace géographique récupéré par la France lors de la signature de ce traité, bien entendu la Savoie et les Alpes-Maritimes bénéficient de ce gain.


NB : cet article fait suite à une contribution d'orchus dans un article précédent, nous le remercions en conséquence.
Crédits photographiques © Ed Yourdon - CC

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pietro mastroleo a écrit le 09-12-2009 à 22-35 :
I Corsi e la Francia finiranno la loro disperata convivenza quando la Corsica sarà restituita all'Italia. La Corsica nazione è una chimera dei corsi e non si effettuerà mai, nessuno stato europeo vorrà una "tortuga" nel mediterraneo.

bern a écrit le 09-12-2009 à 23-21 :
.

eh dit donc mon pote le rital !!! ....?

chimera dei corsi ?? !!!

"tortuga" toi même !!

.

buffa a écrit le 10-12-2009 à 19-16 :
cool, cool, citoyen, il peut toujours croire au petit jésus soviétique, me semble t il ? a corsi sempre corsi, et basta

petit maçon a écrit le 17-12-2009 à 05-04 :
la SAVOIE fut italienne etmoi je suis le père noel revoyez vos cours d histoire(le vrai) la savoie est une nation a part entiere alors arretez votre propagande jacobine!!!nulle d effet comme le traite de 1860 arvi

Corsicanews a écrit le 17-12-2009 à 10-30 :
Bonjour,
Attention votre barbe va blanchir. Non trêve de plaisanterie vous avez historiquement raison mais légalement tort, sans vouloir faire un exposé sur la Savoie sur ce modeste site qui au fond ne s'intéresse qu'à la Corse et ici qu'à l'histoire postérieure à 1860 et plus particulièrement aux effets d'un texte de 1947.
Le Duché de Savoie fut effectivement libre et indépendant, dès 1400 et des brouettes, mais fut réuni au royaume de Sardaigne, approximativement 300 ans plus tard. En conséquence de la constitution de l'Italie Moderne à la fin du XIXe, qui entraîna la dissolution du royaume de Sardaigne et de la république ligure dans un ensemble plus grand, un éventuel succès de la théorie sur le traité de 1947 ne fera que provoquer la réunification de la Savoie à son ancien royaume (la Sardaigne étant inféodée à la Savoie) et, partant, son rattachement à l'Italie.
On peut effectivement, et en tout état de cause, envisager que la Savoie redevienne indépendante mais ce ne sera pas seulement du seul effet du traité de 1947 mais passera forcément par la remise en cause de l'ensemble des Traités et faits qui ont conduit à la création de l'Italie, et à tout le moins il faut qu'elle obtienne l'annulation de la réunification des différentes provinces constitutives de feu le royaume de Sardaigne, ce qui ne sera peut-être pas suffisant puisqu'il semble d'ailleurs que l'héritier du titre de Duc de Savoie dusse être, par dévolution, le roi d'Italie.
Ceci-dit si par un coup du sort et une victoire juridique la capitale d'Italie devenait Chambéry, c'est vrai que cela aurait de la gueule.

Rousseau Serge - (Visiter son site) a écrit le 20-12-2009 à 16-27 :
Bonjours à tous,
Je ne vais pas vous refaire l'histoire, elle est déjà plus ou moins bien écrite dans certains livres. Normale ! La censure existe en France...
Il est important de dire que le Droit va l'emporter sur l'injustice, sinon à quoi peut servir l'article 18 du pacte des sociétés des nations de 1919; l'article 1er de la Charte de l'Atlantique de 1941; l'article 102 de la Charte de l'ONU de 1945 (confirmé par mail le 04 03 2009 par: "requesens@un.org"); la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948; la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones; la déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux de 1960, et à quoi servirait les cours de Droit dans les Universités du Professeur COSNARD sur le Doit International public qui confirme effectivement que la France n'a pas notifié à l'Italie sa volonté de récupérer les archives des Traités antérieurs conformément à l'article 44 §3 et à l'article 7 du Traité de paix du 10 02 1947. Pour plus de confirmation, seul le Traité du 10 02 1947 a été enregistré au secrétariat de l'ONU, le 15 03 1950 ("requesens@un.org" n°I.747). Pour conclure; Pourquoi les Savoisiens (Savoyards) n'auraient pas le droit de récupérer leur territoires ? Même si le Traité date de 1860, un Traité est un Traité. Pour exemple: la Belgique a tenue en 1947 à maintenir un Traité de 1838 entre elle et la Sardaigne par l'article 44 §3 et l'article 7 du Traité du 10 02 1947 (Une Sardaigne qui normalement n'existe plus en 1947, pourtant !). Un Droit est un Droit ! Un Devoir est un Devoir ! et rient ne peut y déroger !...
Pour la gestion administrative et territoriale de la Savoie, je ne pense pas que les Savoisiens (Savoyards) soit plus incompétents que des gestionnaires franco-politico-savoyards actuellement au pouvoir en Savoie et en France!...
Quelle crainte devons-nous avoir de récupérer la gestion territoriale de notre Pays ? Aucune !... Mais pour la France ?...Des milliards d'euro de perte par an !... Le problème pour la France n'est pas humanitaire, il n'est pas respectif des Droits de l'homme, ou du droit des peuples à disposer d'eux mêmes !... Il est uniquement financier !...
2010 sera une grande année pour les Droit de l'homme ! 2010 sera une grande année pour la Savoie et pour Nice ! 2010 sera une année qui bouleversera le monde des lobbystes financiarisés !...

Corsicanews a écrit le 20-12-2009 à 19-28 :
Bonsoir,
Vous avez parfaitement raison quant au fait que force doit rester à la loi (en principe) toutefois, je ne vois réellement pas comment quiconque peut faire sauter le problème posé dès le début du texte, puisqu'il s'agit de frontières, ainsi que je l'indique en fin d'article.
A partir du moment où un article dit "ça" il semble illusoire de dire, sans qu'il soit fait mention de dérogation explicite à un règle, que l'autre dit que non.
Je pense sincèrement, non parce que cela m'arrange mais parce que je trouve cela vrai, que l'esprit du Traité est de dire : "s'agissant des Traités antérieurement conclus entre l'Italie et les autres puissances et hormis le cas de ceux portant sur les frontières (dont le tracé est d'ailleurs touché par le texte de 1947) ils devront être notifiés, à l'Italie, et enregistrés, à l'ONU, pour ne point devenir caducs".
Les traités autres pouvant être par exemple et si l'on se replace à l'époque : les conventions d'extradition, les avantages douaniers, les documents de voyage, etc.
A bientôt et merci de votre visite.

Esteve a écrit le 26-12-2009 à 11-56 :
bonjour,
La rédac n'a pas tort, mais en Savoie le traité de 1860 est abrogé par dénonciation en raison de la rupture synallagmatique du traité pendant la première guerre mondiale.
Le traité de Paris ne fait que confirmer l'abrogation.
En d'autres terme le seul texte qui autorisait la France à administrer la Savoie est Caduc.
La France ne peut continuer que tant que personne ne conteste textes à l'appui ses actions.
L'Italie n'osera rien en ce qui concerne la Corse Nice ou la Savoie, car elle ne veut pas risquer de conflit avec la France. La seule façon de faire appliquer ces textes c'est d'attaquer les dépositaires de ces traités en cour internationale.

Libera Nissa - (Visiter son site) a écrit le 26-12-2009 à 17-17 :
La protestation officielle de Garibaldi au parlement de Turin hypothèque pour toujours le plébiscite truqué de 1860.
Après être intervenus au parlement avant même le vote sur la ratification du traité du 24 mars 1860 qui cédait Nice et la Savoie à la France, les deux députés de Nice, Garibaldi et Laurenti-Roubaudi avaient adressé leur démission au président de cette assemblée. Le texte de cette lettre est capital puisqu’en droit, il constitue la protestation officielle de la représentation nationale niçoise après le plébiscite frauduleux. En voici la teneur :

« Monsieur le Président,

« Vu le résultat du vote du comté de Nice, qui a eu lieu le 15 courant, sans aucune garantie légale, en violation manifeste de la liberté et de la régularité du scrutin et des promesses solennelles stipulées dans le traité de cession du 24 mars ;

« Attendu, qu’un tel vote s’est déroulé dans un pays qui nominalement appartenait encore à l’Etat sarde et qui était libre de choisir entre celui-ci et la France, mais qui se trouvait en réalité complètement aux mains de cette dernière puissance, occupé militairement et soumis à toutes les influences de la force matérielle, comme nous le prouvent sans contestation possible les témoignages de la Chambre et du pays ;

« Attendu que le présent vote s’est déroulé avec de très graves irrégularités, mais que l’expérience du passé nous refuse toute espérance de voir ordonné une enquête à ce sujet ;

« Nous soussignés, croyons de notre devoir de déposer notre mandat de représentants de Nice, en protestant contre l’acte de fraude et de violence perpétré, en attendant que le temps et les circonstances permettent à nous et à nos concitoyens de faire valoir avec une réelle liberté nos droits, qui ne peuvent être amoindris par un pacte illégal et frauduleux »

Giuseppe Garibaldi – Laurenti-Roubaudi

La protestation officielle de la représentation nationale niçoise en 1860 est capitale, car juridiquement elle réserve les droits de Nice pour l’avenir. En effet, en d’autres circonstance, la France et la communauté internationale, se basant sur une semblable protestation ont annulé une annexion illégale faites par la force. Après la désastreuse guerre de 1870, initiée par Napoléon III contre la Prusse, l’Empire Allemand fut proclamé à Versailles ; le nouvel empire, comme on le sait, annexa des provinces françaises occupées, et la France vaincue, fut contrainte d’accepter cette perte de territoire lors signature de l'armistice. Néanmoins, le 17 février 1871 devant le parlement français réfugié à Bordeaux, M. Emile Keller, au nom des députés du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Meurthe et Moselle, protesta contre l’annexion de l’Alsace et la Lorraine par l’Allemagne afin de préserver les droits de ces populations et de la France. Quarante-sept ans plus tard, à la fin de la guerre de 1914-1918, quelques heures seulement après l’armistice signé le 11 novembre, l’Assemblée nationale française se réunit en séance extraordinaire ; la séance fut ouverte à 14 H 45, et les députés réclamèrent immédiatement à la communauté internationale le retour des provinces perdues lors de la précédente guerre. Il est très intéressant de noter sur quelles bases légales s’est appuyée cette réclamation : on exhuma le procès-verbal de la protestation du député Keller qui dormait dans les archives depuis quarante-sept ans, on le relut en séance, et cet acte suffit à établir juridiquement les droits de la France sur ces territoires.

Ainsi, la protestation officielle de Garibaldi et de Laurenti-Roubaudi revêt elle une importance capitale, d’autant qu’elle se termine par une phrase on ne peut plus significative : « …en attendant que les temps et les circonstances permettent à nous et à nos concitoyens de faire valoir avec une réelle liberté nos droits, qui ne peuvent être amoindris par un acte illégal et frauduleux ». Cette protestation officielle des députés Niçois est donc une épée de Damoclès éternelle qui hypothèque l’annexion de Nice… Cette épée, pour l’instant demeure intacte dans son fourreau, mais en des circonstances favorables, le peuple Niçois, seul habilité pour le faire, peut demander à ses représentants de l’en tirer pour faire valoir les droits inaliénables de Nice…

Isabela - (Visiter son site) a écrit le 04-01-2010 à 23-02 :
28 septembre 1388 : Dédition de Nice à la Savoie
Article IV:Le comte promet que pendant ces trois années d’occupation, ou après, il ne cédera ni vendra la ville et la viguerie de Nice soit à la duchesse d’Anjou soit au roi de France ou à tout autre seigneur, hormis toutefois au roi Ladislas.

27 mars 1860 : le roi Victor-Emmanuel II signe un manifeste (publié le 1er avril) par lequel il délie officiellement les Niçois et les habitants du Comté de leur serment de fidélité à sa personne et à sa dynastie. A cette date, la charte de 1388 étant caduque, le Pays de Nice retrouve légalement son indépendance en même temps que sa pleine souveraineté. Cet acte qui abroge tout lien de droit entre la maison de Savoie et Nice, et par voie de conséquence tout lien de droit entre cette dernière et la Sardaigne, établit incontestablement l’indépendance de Nice.

seboyard a écrit le 15-04-2010 à 14-03 :
Attention l'Italie en tant qu'Etat n'existait pas a cette epoque (antérieur à 1860); puisque c'est la cession de la Savoie et de Nice à la France qui permet a la Maison de Savoie d'unifier l'Italie et donc d'en prendre la couronne de roi de ce pays et ainsi de fondé un nouvel Etat unifié l'Italie.
Cordialelment!
Sabodia Abada

Estelle a écrit le 27-04-2010 à 19-57 :
C'est une faute de croire que parce que l'Italie n'existait pas elle n'hérite pas du traité. La 3ème république n'existait pas et pourtant elle hérite du second empire.Juridiquement c'est pareil. Les 2 pays sont nouveaux, nouvelles frontières, nouvelles constitutions. Au pire la Savoie redevient un état souverain au sein de l'état italien. C'est à dire que un référendum de plus là dessus et exit l'italie.

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