L’Arca, destination finale

L’arca pratiquement
Il s’agit comme nous l’avons dit d’un caveau collectif servant de sépulture aux paroissiens, paroissiens en effet, puisque l’arca est ainsi une sorte de pièce voutée située en sous-sol des églises de l’île (ou chapelles) et accessible par l’intermédiaire d’une trappe de pierre creusée dans le plancher de l’édifice religieux, cette ouverture suivant les édifices se trouvait près de l’entrée, de la nef ou encore avait une position centrale.
Lors des décès, et à la suite du rite funéraire, le corps du défunt basculait dans l’arca par cette ouverture qui était ensuite refermée.
Le mot arca ne peut nier son origine latine, ainsi il est issu de "arca" ou "archia"(coffre, bac ou encore cercueil) mais certainement aussi, compte tenu de sa connotation religieuse du terme latin "arcus" (arc, arche).
Enfin on oppose, en Corse, "l’arca di u paradisu" qui était celle recueillant les dépouilles à l’intérieur du lieu de culte, et "l’arca di l’infernu", tombe creusée à même le sol pour les corps de ceux auxquels on refusait la "sépulture noble".
L’arca dans l’histoire
Selon les historiens, l’utilisation de sépultures situées à même les églises est très ancienne puisque ce droit aurait ainsi été reconnu en premier lieu aux membres du clergé de l’Eglise par le concile de Tibur en 895 puis étendu par la suite aux nobles, dès la fin du Xe siècle.
Ce concile explique ainsi, sans doute, pourquoi les rois de France établissaient leur dernière demeure dans les plus belles cathédrales de l’hexagone.
L’usage et le droit d’être inhumé dans les édifices religieux furent en Corse et dans d’autres provinces italiennes étendus à tous les paroissiens, semble-t-il vers le XVe siècle. L’arca, dès lors, ne peut évidemment plus être un tombeau individuel et devient la fosse commune dont s’agit.
Son utilisation dans l’île
La tradition fut pour le moins tenace mais comment pouvait-il en être autrement si l’on se réfère au fait que ce mode d’inhumation a été adopté par la quasi-totalité des habitants de l’île. Comme souvent, la chose publique s’intéressa bien vite au religieux et, au motif de préserver la salubrité des lieux, il fut rapidement déclaré illégal de procéder à des inhumations dans l’arca.
Ainsi en 1176, un édit du roi de France interdisait aux insulaires de les utiliser, à la Révolution un décret de l’Assemblée le confirma en ordonnant la création de cimetières à distance des habitations.
Enfin, un décret impérial du 12 juin 1804 de l’empereur Napoléon Ier tenta également d’y mettre fin sans grand succès semble-t-il puisque l’on y revint encore par des arrêtés préfectoraux en 1812 suivis, par exemple, de l’interdiction faite par le Maire d’Ajaccio en décembre de cette même année.
De nouvelles mesures d’interdiction furent prises en 1830 par le Préfet d’alors mais on signala par la suite encore plusieurs inhumations "sauvages" (qui tenaient tant au désir de respecter la tradition que d’obéir à une question de coût), qui plus est l’arca s’avèrera encore d’un précieux secours lorsqu’advinrent les épidémies, ainsi celle de la grippe espagnole au début du XXe siècle conduisit à ce que l’on en utilisa encore certaines.
Crédits photographiques © JLB - Corsicanews
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