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Quand Gallocchio en appelait à la Justice

Joseph Antomarchi, dit Gallocchio, est sans conteste l'un des plus féroces bandits à avoir jamais foulé la terre de Corse, adepte du meurtre sommaire, c'est pourtant à la Justice qu'il s'en remettra pour venger celui de son frère.

Jeune homme, Joseph Antomarchi était ce que l'on appelle un jeune oisif qui s'essaya cependant à quelques honnêtes activités, et ce fut, comme à de nombreuses reprises pour d'autres en ces temps, une terrible pulsion "amoureuse" qu'il l'entraîna dans la sinistre carrière qu'on lui connait.

Ce natif du village d'Ampriani trouvera l'objet de ses envies en une jeune personne vivant dans le village voisin de Nocetta, seul problème : Marie-Louise Vincensini est fiancée et semble préférer l'homme qui lui est promis (César Negroni) au futur roi du maquis.
Joseph Antomarchi ne fait ni une ni deux et devant le refus de la jeune femme il procède à son enlèvement avec tout le respect que l'on savait réserver aux jeunes filles en ces temps (il l'attache et il la bât).
Cette dernière, "maligna", qui constate rapidement qu'elle ne pourra attendrir un cœur de pierre, prend le parti de l'amadouer (peut-être était-ce le syndrome de Stockholm) et ne manqua pas de saisir sa chance quand elle se présenta.

Joseph, de dépit, prononça de funestes menaces à l'encontre de tous ceux qui prêteraient aide et assistance à cette jeune femme ; au premier rang desquels, bien entendu, César Negroni. Le père de la fiancée sera toutefois le premier à tomber, quelques jours avant les noces, et suivi de quelques mois par César.

Ayant embrassé la carrière des crimes de sang, celui qui allait devenir Gallochio et à qui on prête la raison d'être du corps des voltigeurs corses, sévira à la tête d'une cohorte de comparses en tant que "seigneur du maquis" pendant quelques années avant de partir faire fortune en Orient (en ayant préalablement été l'auteur d'une trentaine de meurtres).

Seulement, la quiétude de cette partie de l'île fut rapidement troublée lorsque, suite à l'assassinat de Charles-Philippe Antomarchi (frère du bandit), Gallocchio revint en Corse. Première victime : un Negroni, elle annonçait vraisemblablement l'extermination entière et prochaine de toute cette famille.

Toutefois un membre de cette famille avait été capturé puisque soupçonné d'avoir commis, ou d'avoir participé au meurtre du frère du bandit, le prénommé Don Paul fut ainsi déféré devant la Cour criminelle de Corse de ce chef.

Contre toute attente, la légende veut que plutôt que d'espérer la remise en liberté de l'accusé pour pouvoir l'occire lui-même Gallocchio transmis un mémoire aux membres de la Cour par lequel il demandait la sanction la plus sévère contre l'assassin de son frère.

On rapporte qu'interrogé sur cette curieuse adhésion à la Justice par un habitant de son village, le bandit aurait rétorqué : "Il est vrai que je suis un peu brouillé avec elle ; mais qu'importe ! Mon frère n'avait rien à y démêler. J'ai donc le droit de demander le supplice de son meurtrier.".

Le 2 août 1834, le jury demanda un verdict d'acquittement.

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