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La Corse et les irrédentistes.

L'histoire de Corse se recoupe en de larges parties avec l'histoire de l'Italie et de ses régions, dont Pise et Gènes principalement.

Cette histoire commune a été, malheureusement, le plus souvent sanglante ; parmi les corses les plus célèbres ont retrouvent d'ailleurs deux illustres personnages, Pascal Paoli et Sampiero Corso, qui ont voué la majeure partie de leur vie à la lutte contre l'oppresseur italien.

Nous ne reviendrons pas ici sur ces moments de gloire et nous attacherons uniquement à l'irrédentisme c'est-à-dire au mouvement issu de la déclaration d'existence d'une "italia irredenta" .

Naissance de l'irrédentisme :


Ce mouvement trouve son origine à la seconde moitié du XIXe siècle alors que l'Italie est secouée par un fort sentiment nationaliste. Ce nationalisme aura comme effet positif de parvenir à une unité italienne mais en contre partie, ne pouvant s'arrêter là, considérait comme illogique le fait que les anciennes possessions de l'Italie n'en fasse plus partie.

Dans les années 1790 par conséquent s'élevèrent les premières voix réclamant le rattachement de ces territoires à l'Italie savoir : la Tunisie, l'Istrie, la Dalmatie, la Savoie, le comté de Nice... et enfin la Corse.

Ce mouvement pris rapidement de l'ampleur et se montèrent à la fin du XIXe siècle les premières "sociétés" dont le but était de favoriser le rattachement de ces terres italiennes injustement détachées, ainsi "l'Associazone in pro del l'Italia irredenta" et le mouvement "Dante Alighieri".

Irrédentisme, cause de guerre :


On le sait les guerres ont quasiment toujours trouvé leur origine dans le désir d'extension d'un pays, la volonté de conquête. La première guerre mondiale en étant un parfait exemple.

A la fin de la Grande guerre, la pensée irrédentiste va prendre un nouvel essor en Italie (comme dans d'autres pays d'ailleurs) et la politique italienne va vite tirer partie de la naissance au sein de la population corse d'un sentiment de rejet et de révolte à l'encontre de la France. Un groupe de notables italiens va alors se consacrer presque exclusivement à faire avancer l'idée d'un rattachement de la Corse à sa véritable patrie.

Deux revues vont alors être publiées : "Corsica antica e moderna" et "archivio storico di Corsica" ; lesdites revues seront publiées à la fois à destination de lecteurs italiens et de lecteurs corses. Parallèlement un grand nombre de journaux de la péninsule participeront à la propagation du sentiment d'injustice et par conséquent à la montée d'un sentiment nationaliste qui aboutira au fascisme mussolinien.

La montée en puissance :


La consécration des idéaux fascistes en Italie sonnera le réel commencement de la propagande irrédentiste à direction de la Corse et nul crédit ne sera économisé pour parvenir au but, le rattachement de la Corse, l'île étant devenue la cible principale des revendications.

En premier lieu on assiste à une intensification au frais de la République italienne des échanges italo-corses, ainsi des étudiants corses seront invités au sein des universités italiennes, où ils s'associeront souvent aux efforts de propagande. La population d'origine italienne résidant en Corse sera également habilement conditionnée et adhèrera aux thèses développées.

Le mouvement irrédentiste insistera surtout sur la proximité géographique de la corse et de l'Italie, sur l'origine commune de la langue corse avec l'italien et ses définitions régionales.

Parallèlement on assiste à une ré-écriture de l'histoire de la Corse, puis qu'il faut à tout prix trouver des ressemblances entre les corses et les italiens pour convaincre les premiers de s'associer à la démarche irrédentiste.

Les revues n'hésitent ainsi pas à mettre en avant le passé commun et prospère, ainsi qu'à mettre sur un piédestal les ennemis d'hier (Paoli est ainsi magnifié pour la bataille de Ponte Novu). Sont évidemment tus les oppressions génoises et les batailles précédentes qui ont opposé les corses à leur occupants italiens. L'Italie enfin va également essayer de faire adhérer à sa cause le mouvement autonomiste naissant au début du XXe siècle en mettant en avant les lacunes de l'Etat français et en taisant une fois de plus celles de la Sérénissime Gênes.

Bien sur, durant le conflit les partisans corses d'un rattachement à l'Italie se tiendront aux côtés des soldats italiens et participeront à leur maintien en corse, toutefois ceci est également une autre histoire et souvenons plutôt des corses qui ont lutté alors pour le triomphe de la liberté en Europe.

De nos jours :


Bien évidemment l'Italie a perdu la seconde guerre mondiale, la corse n'a donc pas été rattachée à l'Italie, mais toutefois le mouvement irrédentiste qui avait été contraint de s'effacer pendant des dizaines d'années reprend de l'ampleur (même si il n'est pas soutenu à notre connaissance par les autorités italiennes).

Profitant une fois de plus de l'émergence d'un sentiment autonomiste (voir indépendantiste) au sein de la population corse et jouant des mêmes grosses ficelles que celles tirées au début du XXe siècle, il n'est pas rare de rencontrer ci et là des partisans d'un rattachement de la Corse à l'Italie.

Un amour à l'italienne en somme, "u babbu di a nazione" n'y reconnaîtrait plus ses petits.

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