La tour de la Parata (Ajaccio)
Présentation de la tour de la Parata
En effet, située à quelques kilomètres à peine de la ville impériale (Préfecture de la Corse) et très bien visible de la route elle ne nécessite aucun effort particulier pour être contemplée, si l’on ajoute à cette accessibilité aisée le fait qu’elle ouvre le panorama sur les magnifiques îles sanguinaires nul besoin de beaucoup argumenter pour justifier une présence médiatique hors du commun ; c’est désormais un "plan incontournable" pour le photographe amateur ou professionnel mais aussi pour les vidéos de vacances ou les reportages professionnels réalisés sur l’île de beauté.

Vous l’aurez compris c’est un passage obligé pour qui séjourne ou visite en une journée la ville d’Ajaccio (on les estime à 300.000 par an), celui-là même qui pourra siroter une boisson ou se rassasier d’une glace sur la terrasse de l’établissement qui y fait face.
Les petites histoires
La "tour des Sanguinaires de terre" est très ancienne il va sans dire, on suppose qu’elle aurait été terminée vers 1608 et qu’elle ferait à ce titre partie du système de défense élaboré par les génois afin de limiter les effets des razzias barbaresques d’alors. Il est en effet important de souligner que l’île de beauté était alors l’une des cibles privilégiées des marins turcs, au premier rang desquels le féroce Dragut, et que la population vivant sur les bandes littorales, surtout, payait un lourd tribut à l’appétit démesuré des dits barbares.
Dragut était malheureusement un visiteur régulier de l’île ainsi Sartène en 1549, Ajaccio et Sarrola-Carcopino en 1550 (dans cette dernière commune pas moins de 150 furent "razziées")*, voila pourquoi le représentant du pouvoir génois en Corse (à l’époque le "pouvoir" c’était l’office Saint-Georges) sous la pression des communautés habitant sur le littoral sollicita que l’on leva des tours de garde et donc c’est ainsi que fut décidé la construction des tours de Castellucio (sur l’île de Mezzu-mare vers 1550) et de notre tour de la Parata.
Il peut paraître curieux de dire qu’à quelques centaines de mètres de distance figurent deux tours qui devaient assurer le même rôle, la seul explication plausible de ce doublon nous semble résider dans une accessibilité plus aisée de la tour de la Parata, cette dernière puisqu’elle est sur la côte (sur une presqu’île) est mieux à même d’être ravitaillée en toutes saisons par rapport à la tour Casteluccio qui se retrouve en mer (sur un îlot).Cette supputation semble être confirmée par le soin que les architectes de l’édifice ont apporté au confort des occupants la tour est en effet constituée de 4 espaces :
- le 1er (1) est constituée de ce que l’on suppose être une citerne destinée à assurer l’approvisionnement en eau des occupants, durant un éventuel siège par exemple, une trappe y donne accès du 1er étage ;
- le 1er étage (2) est la pièce à vivre de la tour, la porte que l’on voit côté terre sur la façade y donne accès (une échelle amovible conduisait jusqu’à cette porte), la pièce dispose d’une fenêtre donnant côté mer, d’une cheminée avec évacuation au niveau des mâchicoulis et d’une trappe conduisant au troisième espace à travers la voute du plafond ;
- ce troisième espace (3) servait sans doute de lieu de repos autant que de point d’observation par mauvais temps, il dispose de deux ouvertures (l’une surplombant la porte de l’étage inférieur) l’autre excentrée vers le large par rapport à là fenêtre du deuxième niveau), là encore une ouverture pratiquée dans le plafond permettait l’accès au niveau supérieur ;
- au sommet (4) la plateforme : élément essentiel à la destination de la tour de surveillance.
La tour, propriété de la ville d’Ajaccio depuis une ordonnance du roi Louis-Philippe en date du 8 mars 1838 ne peut être visitée pour l’heure mais le récent classement du site comme Grand site de France ® devrait s’accompagner d’un investissement conséquent qui pourrait changer à moyen ou long terme ce état de fait.
* les environs d’Ajaccio ne furent pas les seuls visites des razzias barbaresques, ces dernières donnèrent de temps en temps naissance à des destins extraordinaires comme celui de Mourad Bey
Crédits photographiques © DR - Corsicanews
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