Mgr Jean-Luc Brunin

Nommé évêque de la Corse en 2004, Monseigneur Brunin est depuis le plus haut dignitaire de l’Église catholique romaine dans l’île et à ce titre est responsable du diocèse d’Ajaccio, voici un court article présentant la vie et la psychologie de cet enfant du Nord.

Biographie succincte de l’évêque


Jean-Luc Brunin est né en effet le 14 janvier 1951 à Roubaix dans le département du Nord où il effectuera les études primaires et secondaires chez les maristes de la ville, c’est là que smeble-t-il il prendra la décision de s’engager plus avant dans la foi chrétienne et il effectuera donc son Juvénat parmi les frères maristes de Beaucamps-Ligny.
Par la suite il poursuivra ses études au sein de la républicaine Université de Lille III (accueillant traditionnellement les étudiants des filières : Lettres, Langues, Sciences Humaines et Arts) où il suit un cursus littéraire, parallèlement il continue l’apprentissage religieux au grand séminaire de la ville puis à l’Institut catholique de Paris.

Cet amour de la culture se manifestera de nombreuses manières dans sa vie notamment quand il assurera les charges d’enseignant et animateur pastoral au collège Saint-Michel (Roubaix), de Professeur de théologie au séminaire de Lille et de Professeur de théologie pratique à l’Institut catholique de Lille, assurant ce faisant sa transmission aux générations suivantes.

Une vie tournée vers la foi et la charité


Alors que son cursus théologique et universitaire pourrait le faire passer pour un héritier de la bourgeoisie du Nord il n’en est rien, Jean-Luc Brunin a en effet des racines ouvrières ; lesquelles conditionneront sûrement son activisme sur les terrains de la charité et de l’aide au démunis.
Ainsi ordonné prêtre en 1981 il restera une quinzaine d’années proche de la population ouvrière du sud de Roubaix, à la fin de cette période il sera même durant trois ans Coordonnateur de la Mission ouvrière pour la zone de Roubaix, puis prendra la charge de "la pastorale des migrants".

C’est à cette période qu’il s’intéressera de près à une religion concurrente et s’engagera résolument dans la création d’un dialogue avec les musulmans, et livrera en 1993 l’ouvrage intitulé "Rencontrer l’islam", cette envie de comprendre l’Islam ne le quittera d’ailleurs pas puisqu’il y consacrera par la suite d’autres ouvrages tels "L’Islam... tout simplement" en 2003 et "Chrétiens et Musulmans : Frères devant Dieu ?".
Toute sa production littéraire semble d’ailleurs marquée par la question de l’acceptation de l’autre de l’accueil de l’étranger ou de l’aide aux plus démunis, il participera ou rédigera ainsi les livres :
- "L’église des banlieues. L’urbanité : quel défi pour les chrétiens ?" en 1998 (il fonde cette année là un groupe de réflexion pour de nouvelles formes de présence de l’Eglise dans les quartiers) ;
- "Maîtriser les violences" en 1999 ;
- "L’Asile en France, État d’urgence" en 2002 ;
- "Les Eglises, les Migrants et les Réfugiés : 35 textes pour comprendre" en 2006 ;
- "Pleinement consacrés et pleinement dans le monde : Le défi des instituts séculiers" en 2007.

Cet engagement n’est cependant pas que de papier et même après avoir été nommé évêque auxiliaire de Lille en 2000 (il est consacré évêque le 28 mai) il n’oubliera pas de prendre fait et cause pour ces populations défavorisés quitte à s’opposer avec véhémence par la suite aux actes et déclarations d’un Ministre de l’intérieur : Nicolas Sarkozy.

Jean-Luc Brunin
Jean-Luc Brunin : fidèle entre les fidèles


Jean-Luc Brunin et la Corse


C’est un homme aux apparences bien sympathiques qui se voit designé pour assurer le remplacement de l’évêque de la Corse en 2004 (Monseigneur André Lacrampe qui occupait cette fonction depuis 1995 étant consacré archevêque de Besançon) mais comme l’on peut s’en douter compte tenu des investissements personnels réalisés dans son département de naissance c’est un homme qui en avait sans doute gros sur le cœur qui allait arriver dans l’île, il s’en confia lui-même : "Je m’arrache à ma terre natale. Mais, j’effectuerai cet exode dans la confiance".

Peu de temps après son arrivée une mauvaise surprise l’attendait pourtant : les caisses du diocèse étaient vides, l’argent et les biens avaient été dilapidées. L’audit financier, qui est de règle à chaque changement d’évêque, remis 6 mois plus tard révéla en effet que "on" n’avait pas eu la sagesse de gérer les biens du culte avec le sérieux qu’il fallait et que de fait le diocèse d’Ajaccio se retrouvait au bord de la banqueroute, sans que l’on sache ainsi trop bien pourquoi l’Eglise de Corse semblait avoir dilapidé les dons des croyants avec une rapidité déconcertante (mais c’est une autre histoire).

Bien entendu il fut de même confronté au problème posé dans la société corse par le terrorisme auquel il s’opposa notamment dans un communiqué du 14 janvier 2008 : "L’enfermement de la société corse dans le cercle vicieux « recours à la violence / répression » ne pourrait que compromettre le traitement des questions urgentes qui se posent à son avenir. [...] Cependant, au nom de l’Evangile qui révèle le projet de Dieu de rassembler l’humanité dans l’harmonie de l’amour, dans la justice et dans la paix, j’en appelle aux responsables de notre société. Qu’ils puissent prendre des initiatives fortes et généreuses pour que ceux et celles qui croient en l’avenir de la Corse et sont prêts à y travailler activement, puissent se parler, entrer en débat sur les questions soulevées et se mobiliser pour construire des projets qui serviront l’intérêt général et le bien commun.".

Crédits photographiques © DR - Corsicanews

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