Bastia, la statue de Napoléon
Même si elle n’est pas la ville impériale de l’île, Bastia n’oublie pas pour autant d’honorer la mémoire du plus célèbre des corses en lui rendant superbement hommage avec une œuvre de Bartolini sur la place Saint Nicolas.
Napoléon y est représenté de pied vêtu d’une toge d’inspiration romaine, on peut ainsi constater que le corps de l’Empereur s’y trouve passablement magnifié puisqu’on pourrait le qualifier de pour le moins sculptural ; nous pourrions aussi dire qu’il y est déifié.
Nous pouvons valablement supposer que ce parti-pris de l’artiste est le fruit de la personnalité de celui qui en passa commande, ainsi le sculpteur florentin Lorenzo Bartolini en avait reçu la demande de la princesse Elisa (laquelle n’était autre que Maria-Anna Bonaparte, jeune sœur de Napoléon).
Bartoli était de surcroit un fervent partisan de l’Empereur Napoléon qui reconnaissant son talent l’avait convié à fonder une école de sculpture à Carrare, c’est là que Bartoloni réalisa des œuvres qui tranchaient avec celles de ses contemporains (qu’ils jugeaient comme dénuées d’intérêts car par trop imitatrices de celles du glorieux passé de Rome).
Làs la statue commandée, on pense vers 1811, ne fut pas livrée à temps, du moins avant qu’une ultime coalition continentale ne vienne précipiter le terme du règne de Bonaparte. Pour Bartoloni ces prémices de la prochaine chute du régime impérial signifiait alors de même le commencement des ennuis puisque à tant critiquer ses confrères (et d’autant qu’il s’affichait comme un grand partisan) il n’avait pas manqué de s’attirer de nombrables inimitiés.
Ainsi, on suppose que vers la fin de 1813, ses opposants s’introduisirent dans son atelier à Carrare et y brisèrent un grand nombre de ses œuvres (dont plusieurs ayant trait aux Bonaparte et une copie en plâtre de la statue dont s’agit).
Fort heureusement, vous vous en doutez, celle que l’on retrouve Place Saint Nicolas à Bastia a échappé à ce carnage, le maître ayant eu la riche idée de la faire transporter quelques temps avant cela dans une église d’une cité voisine. Une fois qu’il eu réintégré son domicile florentin, Bartolini pu la récupérer et la conserva ; il n’avait alors plus personne à qui la livrer.
L’histoire faisant selon l’adage plutôt bien les choses c’est en Corse que la statue allait finir par arriver, mais contrairement à ce que l’on pense ce n’était semble-t-il pas à Bastia mais à Ajaccio qu’elle était destinée.
En effet, Bartolini avait appris qu’en raison du changement intervenu à la tête de l’Etat français le nouveau monarque, Louis-Philippe avait décidé d’un retour en grâce de l’œuvre impériale (il avait à ce titre par exemple installé au sommet de la colonne Place Vendôme le Napoléon de Seurre) des crédits avaient d’ailleurs été alloués au Conseil général de la Corse qui avait pour mission d’édifier à Ajaccio un monument à la gloire de l’Empereur.
Le Conseil général avait alors eu pour projet d’ériger une colonne sur la place Bonaparte (actuelle place du Diamant) dont la base serait constituée de ce ce que l’on nomme aujourd’hui le monolithe d’Algajola et qui aurait été surmontée donc de la statue de Bartolini, qui la proposait pour 60.000 francs seulement. Celà ne fut fait puisque à la place on décida d’installer au sommet de la colonne une copie du Napoléon de Seurre installé alors place Vendôme, une copie du même moule, mais sans que l’on ne sache trop bien vraiment pourquoi le projet ne se concrétisa jamais totalement (en effet la copie se retrouve aujourd’hui à Ajaccio non pas sur la place du Diamant mais au mémorial du Casone).
Ce n’est qu’à la mort de l’artiste que sera définitivement tranché le sort de la statue et donc sa destination finale, ainsi le héritiers de Lorenzo Bartolini réussirent à la céder au gouvernement français qui trouva ainsi un bon moyen de contenter les bastiais qui demandaient alors avec force qu’un monument digne de ce nom honore l’Empereur Corse en terre bastiaise.
Ainsi fut fait en 1854 quand la statue fut enfin dressée accueillie par les hourras, les transports de joie et les acclamations de centaines d’habitants.

La statue à l’effigie de l’Empereur dans son écrin sur la Place saint Nicolas
Napoléon y est représenté de pied vêtu d’une toge d’inspiration romaine, on peut ainsi constater que le corps de l’Empereur s’y trouve passablement magnifié puisqu’on pourrait le qualifier de pour le moins sculptural ; nous pourrions aussi dire qu’il y est déifié.Nous pouvons valablement supposer que ce parti-pris de l’artiste est le fruit de la personnalité de celui qui en passa commande, ainsi le sculpteur florentin Lorenzo Bartolini en avait reçu la demande de la princesse Elisa (laquelle n’était autre que Maria-Anna Bonaparte, jeune sœur de Napoléon).
Bartoli était de surcroit un fervent partisan de l’Empereur Napoléon qui reconnaissant son talent l’avait convié à fonder une école de sculpture à Carrare, c’est là que Bartoloni réalisa des œuvres qui tranchaient avec celles de ses contemporains (qu’ils jugeaient comme dénuées d’intérêts car par trop imitatrices de celles du glorieux passé de Rome).
Làs la statue commandée, on pense vers 1811, ne fut pas livrée à temps, du moins avant qu’une ultime coalition continentale ne vienne précipiter le terme du règne de Bonaparte. Pour Bartoloni ces prémices de la prochaine chute du régime impérial signifiait alors de même le commencement des ennuis puisque à tant critiquer ses confrères (et d’autant qu’il s’affichait comme un grand partisan) il n’avait pas manqué de s’attirer de nombrables inimitiés.
Ainsi, on suppose que vers la fin de 1813, ses opposants s’introduisirent dans son atelier à Carrare et y brisèrent un grand nombre de ses œuvres (dont plusieurs ayant trait aux Bonaparte et une copie en plâtre de la statue dont s’agit).
Fort heureusement, vous vous en doutez, celle que l’on retrouve Place Saint Nicolas à Bastia a échappé à ce carnage, le maître ayant eu la riche idée de la faire transporter quelques temps avant cela dans une église d’une cité voisine. Une fois qu’il eu réintégré son domicile florentin, Bartolini pu la récupérer et la conserva ; il n’avait alors plus personne à qui la livrer.
L’histoire faisant selon l’adage plutôt bien les choses c’est en Corse que la statue allait finir par arriver, mais contrairement à ce que l’on pense ce n’était semble-t-il pas à Bastia mais à Ajaccio qu’elle était destinée.
En effet, Bartolini avait appris qu’en raison du changement intervenu à la tête de l’Etat français le nouveau monarque, Louis-Philippe avait décidé d’un retour en grâce de l’œuvre impériale (il avait à ce titre par exemple installé au sommet de la colonne Place Vendôme le Napoléon de Seurre) des crédits avaient d’ailleurs été alloués au Conseil général de la Corse qui avait pour mission d’édifier à Ajaccio un monument à la gloire de l’Empereur.
Le Conseil général avait alors eu pour projet d’ériger une colonne sur la place Bonaparte (actuelle place du Diamant) dont la base serait constituée de ce ce que l’on nomme aujourd’hui le monolithe d’Algajola et qui aurait été surmontée donc de la statue de Bartolini, qui la proposait pour 60.000 francs seulement. Celà ne fut fait puisque à la place on décida d’installer au sommet de la colonne une copie du Napoléon de Seurre installé alors place Vendôme, une copie du même moule, mais sans que l’on ne sache trop bien vraiment pourquoi le projet ne se concrétisa jamais totalement (en effet la copie se retrouve aujourd’hui à Ajaccio non pas sur la place du Diamant mais au mémorial du Casone).
Ce n’est qu’à la mort de l’artiste que sera définitivement tranché le sort de la statue et donc sa destination finale, ainsi le héritiers de Lorenzo Bartolini réussirent à la céder au gouvernement français qui trouva ainsi un bon moyen de contenter les bastiais qui demandaient alors avec force qu’un monument digne de ce nom honore l’Empereur Corse en terre bastiaise.
Ainsi fut fait en 1854 quand la statue fut enfin dressée accueillie par les hourras, les transports de joie et les acclamations de centaines d’habitants.
Crédits photographiques © Mattei - Fotolia
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