La vérité sur les prix en Corse

Illustration par pièces de monnaiesConformément à la demande qui lui en avait été faite par l’ancien préfet de Corse Pierre-René Lemas les services de l’INSEE en Corse (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) viennent de remettre leur rapportconcernant l’importance de l’écart des prix entre la Corse et le continent.

Ce rapport remis à Monsieur le Préfet de région Michel Delpuech confirme un différentiel assez important de prix puisque l’écart serait de l’ordre des 10%.
Attachons nous d’abord au déroulement de l’étude.

Enfin officiellement l’écart de prix est mesuré.


Du 1er au 25 mars 2006, les services régionaux de l’INSEE ont entreprit une grande étude portant sur le prix des produits destinés à l’alimentation humaine et leur différentiel avec celui pratiqué pour des produits similaires dans la région parisienne et dans une grande région sud-est (regroupant la PACA et le Langeudoc-Roussillon) le tout étant pondéré suivant une technique non communiquée.

Les conclusions de cette enquête font apparaître un différentiel de 6 points avec l’Ile de France et de 9,7 points avec la grande région sud-est ce qui schématiquement signifie que le consommateur corse paie son alimentation en moyenne 10% de plus que le consommateur habitant dans la plus proche région de France métropolitaine.

L’écart officiel des prix entre Corse et continent.


L’enquête poursuit ainsi que le prix des fruits frais est supérieur de 18% en Corse qu’en région sud-est (7% par rapport à l’Ile de France), que l’écart pour les légumes s’élève à respectivement 20 et 11 % s’agissant des légumes et qu’enfin le poisson y coûte 12% plus cher que dans les deux autres régions témoins.
S’agissant de la viande le différentiel est quasi nul et du moins n’est pas significatif selon l’INSEE, la baguette de pain, elle, est moins chère de 5% en moyenne.
Les prix des boissons alcoolisés ou non, du café, des produits lactés et sucrés sont eux aussi plus élevés que dans les autres régions témoins, régions qui sont, rappelons-le, celles qui complètent le podium de la vie chère.

Les limites de l’enquête.


L’INSEE hélas, mais c’est bien normal, n’a pas analysé le différentiel de tous les produits proposés à la vente dans notre région. Ainsi échappent à son enquête tous les produits manufacturés tel les produits d’électroménager, les automobiles, les vêtements, et caetera.

Ce qui somme toute enlève, n’ayons pas peur de le dire, une grande part d’intérêt à cette enquête même si elle reste somme toute assez symptomatique.

Rappelons à titre d’illustration que la part de ses produits ne représente en moyenne nationale que 16% de la dépense totale de consommation des ménages.

Les conclusions de l’enquête.


Sans surprise, les services de l’INSEE confirment un important différentiel au détriment du consommateur corse (10% de plus qu’en PACA) mais constatent que le différentiel s’est légèrement réduit depuis une dizaine d’année.

Comme il n’est pas du ressort de l’INSEE d’en indiquer la cause, Corsica news à choisi de compléter cette étude par des données chiffrées tangibles qui permettront de comprendre un peu mieux ce que signifie cet écart.

Les avantages fiscaux qui n’ont pas conduit à la baisse des prix.


La Corse, région où la vie est la plus chère en France, bénéficie de plusieurs avantages fiscaux destinés à compenser son insularité. Ainsi outre la dotation de continuitée territoriale qui subventionne fortement les transport du fret, et sur laquelle il est inutile de revenir puisque largement exposée par ailleurs, elle profite d’abattement divers de taxes et imposition de toutes sortes, du moins ses entreprises.

Ainsi le taux de TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) y est-il particulièrement aménagé citons ainsi pelle-mêle :
- un taux de 13% sur les produits pétroliers (NDLR la TVA sur ses produits est calculée sur le prix net augmenté de la taxe spécifique dite TIPP) qui n’a pas conduit à ce jour à ce que le prix de l’essence par exemple soit au moins égal à celui du continent.
- Un taux de 2,1% qui se substitue à celui de 5,5 pour les produits dits de première nécessité et qui porte sur un panel de produits plus important.
- Un taux de 8% sur certains travaux immobiliers et les ventes opérées au profit de certaines entreprises.
- un taux de TVA tout simplement nul sur les transports de biens et de personnes assurés par quelques moyen que ce soit entre la France continentale et la Corse ainsi que pour les déménagements.

La taxe professionnelle y est également aménagée puisque la part versée au profit des collectivités locales à purement et simplement été supprimée et que son calcul est fixé sur base 0,75 (soit un abattement de 25% du restant). Bien sûr la perte financière des collectivités est compensée par une dotation spéciale de l’Etat. (loi n°94-1131 du 27 décembre 1994 portant statut fiscal de la Corse.)

Le régime de Zone Franche Corse prévoyait pour les entreprises créées avant le 1er janvier 1997 et sous conditions pour celles créées entre cette date et le 31 décembre 2001 une exonération sur l’imposition de leurs bénéfices pour une durée de 5 ans ainsi qu’une exonération totale de Taxe professionnelle.
Par conséquent, celles créées par exemple le 31 décembre 2001 en bénéficient encore jusqu’à la fin 2006.
Bien entendu la ZFC n’étant que temporaire, la plupart des entreprises n’en bénéficie plus mais il a été prévu un dispositif de sortie de Zone Franche qui prévoit encore de nombreux abattements qui dispose donc que : la 6ème année l’abattement sera de 80%, la 7ème de 60%, la 8ème de 40% et la 9ème et dernière de 20%.

Enfin, pour compenser la disparition de la Zone France a été créé un Crédit d’Impôt et Aide Fiscal à l’Investissement instauré par la Loi n°2002-92 du 22 janvier 2002 et qui dispose un régime spécial d’imposition sous condition de 20% au profit de certaines entreprises (activité industrielle, commerciale ou libérale - moins de 250 salariés - moins de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires).

Allez savoir pourquoi la vie est chère.

Marc a écrit le 10-09-2008 à 11-57 :
Tous des voleurs, y a rien à dire de plus et cela continue même après la remise de ce rapport.

kiki a écrit le 27-12-2008 à 14-21 :
Marc a raison. Exemple : hier chez "MR bricolage" à Ajaccio, achat de 2 kg de résine polyester , plus deux feuilles d' 1m2 de fibre de verre tressées (11,50 en console / 12 à la caisse) plus une fiole de durcisseur (4,50 en console / 6 à la caisse), soit un total de 75 euros hormis les "erreurs" d'affichage. Et bien sur le WEB , le lot de 5 kg de désine , 8 m2 de fibre de verre et un flacon de durcisseur le tout pour 40 euros plus 15 de port en collissimo , soit 55 euros te tout. Alors [modéré], justifiez nous la différence...

Mikanome a écrit le 09-01-2009 à 14-36 :
Cela fait belle lurette que je me fournis beaucoup sur le web en perso ET pro...

Je veux bien payer un poil plus cher en raison des transports.
je veux bien payer un poil plus cher pour faire vivre des entreprises locales.
Je veux bien payer un poil plus cher pour le risque de stock pris par ladite entreprise.

Mais je ne veux pas payer 40% plus cher que sur le web alors que :
- le choix est souvent insuffisant (toujours obligé de commander, rien en stock)
- les 2 et 3 (maximum) fournisseurs par micro-région dans chaque segment de marché s'entendent pour préserver des grosses marges.

michel a écrit le 18-03-2009 à 17-02 :
pourquoi tout le monde en corse acceptent cette vie chere exp fromage charcuterie clementine corse sont plus cheres en corse que sur le continent tva moins eleve et pas de transport qui s en met plein les poches

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