Report du PADDUC : une chance à saisir ?
En effet préférant renoncer à la discussion de ce texte, tant décrié, par devant l’actuelle Assemblée (que beaucoup jugent non représentative) n’est-ce pas là la consécration d’un principe démocratique que beaucoup ont d’ailleurs tant attendu et espéré ? N’est-ce pas là la manifestation d’un courage politique (ou d’un suicide politique) de l’UMP de Corse qui en fera vraisemblablement un des pans de son projet pour la Corse qu’elle présentera durant la future campagne électorale (d’autant qu’elle fut talonnée par les écologistes-nationalistes au dernier rendez-vous électoral) ?

Que ce soit une victoire ou une défaite pour les uns ou pour les autres, il convient en effet de rappeler que la composition de l’actuelle Assemblée de Corse est pour le moins bizarre au regard des suffrages exprimés lors des dernières élections de 2004 avec pas moins de 10 groupes politiques représentés alors qu’une liste largement minoritaire dirige cahin-caha la Collectivité Territoriale faute d’opposition crédible, de sorte que cette dernière n’est finalement pas plus représentative de l’opinion des corses que le groupe UMP qui se trouve, par la grâce d’un comptage bizarroïde, en responsabilités.
Dès lors reporter effectivement la décision à une date où l’on saura donc que si les suffrages portent l’UMP en tête cela signifie, clairement, que l’on veut du PADDUC et qu’à l’inverse si le mouvement présidentiel est alors sévèrement battu cela signifiera bien un rejet de la population à l’égard de ce Plan de Développement DUrable de la Corse, Plan qu’il conviendra alors pour la nouvelle majorité régionale de revoir ou d’amender totalement.
La réforme qui est actuellement en préparation au sein du Sénat et qui vise à modifier le mode de scrutin de l’élection de l’Assemblée de Corse et certaines dispositions relatives au fonctionnement de la collectivité territoriale de Corse semble en effet de nature à permettre cela puisqu’il permettra de stabiliser le jeu des alliances locales et de circonstances. Ainsi et par exemple le rapport déposé le 9 juin dernier par la commission sénatoriale des Lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République prévoit-il les modifications suivantes :
- l’impossibilité pour une liste de fusionner au second tour si elle n’a pas atteint le score de 5% au premier ;
- l’impossibilité pour une liste de se maintenir au second tour si elle n’a pas atteint le taux de 7% au premier ;
- une prime de 9 siège à la liste qui sera arrivée en tête au second tour (cette prime sera donc moins élevée que pour les Municipales par exemple).
Dès lors le choix en sera clarifié et obligera sans nul doute les différents candidats à présenter enfin les listes sérieuses qu’ils doivent à la Corse depuis tant d’années et dont l’absence explique peut-être les couacs politiques dont le PADDUC. Cette réforme, si elle est adoptée, permettra ainsi d’offrir aux Corses de choisir non pas des individualités d’autant que les différentes listes devront sans nul doute se positionner bien avant d’avoir été élues sur la question de l’avenir du développement de la Corse.
Ce report est donc, sous un certain angle, une véritable chance, aux Corses de la saisir, ou pas.





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